Une vieille tradition
Nous savons peu de choses sur les pratiques anciennes du culte de saint Avertin. On peut penser cependant que ce culte, actif avant la Révolution, puis momentanément mis en sourdine au moment de celle-ci, renait et se développe au 19ème siècle et au début du 20ème.
Largillière, dans les Mélanges d’hagiographie bretonne*, pense cependant qu’il s’agit pour ce saint d’un culte « récent »** à savoir « que la spécialité thérapeutique et la représentation iconographique du saint se retrouvent identiques partout. Les vieux saints, au contraire, n’ont pas en général, la même thérapeutique partout, et leur iconographie varie selon les lieux. En un mot, leur culte est plus localisé… »
Notre saint était évoqué pour la guérison des maux de tête, aux sens propre et figuré, c'est-à-dire qu’il était aussi sollicité pour la guérison des simples d’esprit, des « avertineux »***.
On l’invoquait encore au 19ème siècle pour guérir « l’intelligence obtuse »****, comme l’indique Henri Beauchet–Filleau dans son ouvrage sur les pèlerinages dans le diocèse de Poitiers.
D’une façon générale, tout l’Ouest de la France était particulièrement attaché à la dévotion envers notre saint. En témoigne ici Sylvain Sionneau dans la thèse***** qu’il a consacrée aux médecines populaires au 19ème siècle :
*Largillière. Mélanges d’hagiographie bretonne. Saint Ethbin, saint Idunet et saint Dunet, saint Brévara, Brévalaire, Brandan, Saint Avertin-sant Everzin. Brest : Imprimerie de la Presse libérale, 1925 . Voir cet article de Largillière dans le signet Documents
**Attention : nous sommes en 1925 !
*** Voir à ce sujet le signet Vie à la fin duquel est évoqué l’emploi du nom commun « avertin » et de ses dérivés
****H. Beauchet-Filleau. Simples notes sur quelques pèlerinages, pieuses pratiques, usages, etc. dans le diocèse de Poitiers. Paris : Imprimerie nationale, 1869. Consulter ce document
*****Sylvain Sionneau. Les médecines illégales et les médecines populaires en France au XIXe siècle, avec l’exemple du Maine-et-Loire. Mémoire soutenu le 5 juillet 2013 pour la thèse de doctorat délivrée par l’Université de Nantes Angers Le Mans.
(NB La thèse dans son intégralité est accessible sur le site :
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00945371/document )